Chère madame,
Voyez comme j'use ici d'une déférence réservée aux plus respectables dont pourtant vous n'êtes pas.
Voici qu'à l'heure où beaucoup font leur rentrée littéraire, vous sortez vos poubelles et c'est bien là, ma foi, votre droit.
L'étourderie ou l'inadvertance eussent pu expliquer cette grossière méprise qui vous fait prendre les librairies pour des vomissoires mais, non contente de cette outrancière étourderie, vous voilà vous pâmant chez tous les sanibroyeurs des médias. Ces exhibitions qui vous montrent aussi à l'aise qu'un étron dans la cuvette prouve assez l'habitude que vous avez des cabinets tout en annihilant l'hypothèse que notre miséricorde avait bien voulu bâtir d'un involontaire fourvoiement.
Qui pensez vous donc pouvoir leurrer à afficher ainsi vos petites culottes sales si ce n'est tous les lubriques voyeurs excrémentophages ? Vous confondez, madame, littérature avec lit et ratures et quand bien même il y aurait là quelque qualité de forme, mais l'on reste bien loin de Rabelais, un bidet, fut-il bien emballé, reste un bidet.
Je ne saurais que trop vous conseiller d'envisager sérieusement de vous ré orienter ne serait-ce qu'en prévision de ces années où vos chairs flasques n'inspireront plus que pitié.
Je vous sais gré donc de bien vouloir à l'avenir garder vos selles, urines, sperme et autres pertes blanches pour les spécialistes et de faire votre rentrée chez Jacob Delafon afin de laisser l'espace d'expression qui vous est concédé pour d'autres dont la plume n'est pas un balai de cuvette. Vous m'allez dire que je me montre peu respectueux mais, madame, il faut d'abord l'être vis à vis de soi même alors que du respect vous n'avez que le pet.
Sincèrement vôtre.
par DITEAU
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MA PLUME
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Parmi ce foisonnement littéraire et pseudo-littéraire de septembre, il est un ouvrage qui, loin de nous offrir l'évasion, le rêve, nous ramène à la (triste) réalité du statut d'écrivain.
Ce n'est certes pas la première enquête sur le sort des écrivains mais à l'heure où les boutiquiers de la littérature ressortent leurs têtes d'affiches déjà fardées, cet éclairage donné sur ce petit peuple de l'écriture est intéressant.
Basé sur une enquête réalisée en 2004 et 2005 auprès de 503 écrivains de la région Rhône-Alpes dont en entretien avec 40 d'entre-eux, LA CONDITION LITTERAIRE de Bernard LAHIRE aux éditions La Découverte, ce livre nous rappelle que 98% des écrivains sont contraints d'exercer une autre activité professionnelle pour gagner leur vie.
Ainsi, comme il le rappelle, leur travail d'écriture permet de faire vivre toute la chaîne littéraire de l'éditeur au libraire (dont le sort n'est d'ailleurs pas doré, nous y reviendrons) en passant par l'imprimerie sans que lui même puisse en vivre. Il rappelle à juste titre que l'intermittent à un statut ce qui n'est pas le cas de l'écrivain.
Bien sûr, rien de nouveau mais le rappeler, en ces temps où pourtant chacun veut se targuer du culturel, s'honorer d'écrire et nos "élites" les premières, le paradoxe est à noter.
Il met également en lumière des spécificités que l'on ignore souvent. Ainsi 71% de ces écrivains ont un niveau égal ou supérieur à BAC+2 (la proportion est de 17% dans la population) et ils sont très majoritairement des hommes alors même qu'il n'y a pas d'acte plus libre et simple que d'écrire.
Une étude interessante qui permet de remettre en lumière ce statut tant souhaité mais totalement ignoré des écrivains.
C'est à Bougival dans les Yvelines qu'Ivan Tourgueniev s'est fait bâtir une datcha "à la russe" dans la propriété des "Frènes"où le couple des Viardot (célèbre cantatrice de l'époque dont il était tombé amoureux en 1843 à Saint Pétersbourg) a une Villa Directoire. Son attachement à la France est connu de longue date. Il connait parfaitement le français et entretien une correspondance assidue avec de nombreux amis français. De nombreux auteurs viendront lui rendre visite ici tels Guy de Maupassant, Saint Saëns ou Henry James.
Il résidera dans cette datcha de 1875 à sa mort survenue en 1883 sur le balcon de son cabinet de travail situé au premier étage où ont également été reconstitués deux pièces de son appartement. On peut y voir de nombreux manuscrits et ouvrages lui ayant appartenus. C'est dans ce cabinet de travail qu'il écrivit "Terres vierges" son dernier roman ainsi que ses "Poèmes en prose". C'est également là qu'il achève la traduction en russe de "La légende de Saint Julien l'Hospitalier" de Gustave Flaubert.
Au rez de chaussée se trouve une exposition sur la vie de l'écrivain et de son entourage ainsi que le piano lui ayant appartenu et classé monument historique depuis 1990.
On retrouve dans ce lieu l'atmosphère créatrice dans laquelle évoluait cet auteur majeur.
LA DATCHA DE TOURGUENIEV 16 Rue Tourgueniev 78380 BOUGIVAL ouvert tous les dimanches d'Avril au 1er Novembre
Persuadé, à tort ou à raison, que l'écriture vient d'abord de la lecture puis de l'âme, vous ne trouverez pas en moi un chantre des ateliers d'écriture et autres méthodologies tendant à nous faire croire que tout un chacun puisse devenir un grand auteur. Non, je suis plutôt des esprits critiques qui pensent que ce genre de "formation" ne font que formater l'écriture et ne livrer à nos envies lectorales que des ouvrages identiques sur la forme, sans âme, sortes de coquille vide, de littérature lyophilisée et pourtant, j'ai acheté, par curiosité, l'ouvrage d'Hubert Haddad, l'un des pionnier des ateliers d'écriture en France, intitulé "Le Nouveau Magasin d'Ecriture".
S'il regorge certes d'exercices, de méthodes diverses et variées, il n'en reste pas moins un ouvrage facétieux, riche et plaisant, qui ne manque ni de verve, ni d'inventivité. Le vocabulaire y est riche, les exemples nombreux, les genres multiples et tout cela permet, si l'on se garde de prendre les méthodes comme un train suivrait ses rails, une émulation de l'imaginaire sans borne. Un livre dans lequel piocher, picorer, déguster, bref s'aérer l'imagination.
par DITEAU
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Trente après des ex révolutionnaires espagnols se retrouvent au restaurant et se retournent sur leur vie.
Point de vue croisés sur leurs espoirs, leurs croyances, leurs illusions, leurs rancoeurs...
Beau roman bien écrit qui fait le portrait d'une génération.
par DITEAU
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