Texte libre

Jeudi 10 août 2006

Sterne Pasteur anglican né le 24 novembre 1713 à Clonmel en Irlande du sud et mort à Londres le 18 mars 1768.

Après des études à Halifax puis au Jesus college de Cambridge, il entre dans les ordres et se voit attribué la cure de Sutton-in-the-forest gràce au soutien de son oncle, chanoine d'York. Deux ans plus tard on lui confie également la cure de Stillington. Il est également prébendier de la cathédrale d'York. Vingt ans s'écoulent ainsi sans évènement notable si ce n'est qu'il n'est pas un pasteur très zélé, allant même jusqu'à oublier quelques offices occupé qu'il est par la chasse aux perdrix. Bien que marié depuis 1741 à Elizabeth Lumley, il mène joyeuse vie au sein d'un cercle de bons vivants surnommés "les démoniaques".

En 1747 parait sa première publication qui est en fait un sermon prêché à York. Il écrit en 1749 un sketch comique à propos d'une querelle survenue au sein du chapitre de la cathédrale, texte qui ne sera publié qu'après sa mort et qui témoigne de son talent d'humoriste.

Rien ne semble devoir l'arracher à sa vie provinciale lorsqu'il publie fin 1759 les deux premiers volumes de "Vie et Opinions de Tristram Shandy". Si ces deux premiers volumes firent scandale de par leur indécence à York, à Londres on ne tarit pas d'éloges sur son audace et son esprit. Il y est invité chez les princes et Lord Fauconberg lui fait obtenir l'importante cure de Coxwold. C'est donc là qu'il s'installe avec la ferme intention de ne faire qu'écrire et de publier deux volumes de son Tristram Shandy par an. Ainsi paraissent les volumes 3 et 4 en 1761 et les 5 et 6 en 1762. Sa santé devenue précaire le pousse, sur les conseils de son médecin, à aller se reposer dans le sud de la France. De passage à Paris, il est reçu avec enthousiasme et il en profite pour faire connaissance avec la haute société française. Il fait aussi connaissance avec une Catherine de Fourmantelle demeurant à York qui fut l'objet d'une correspondance révélant son caractère tout comme Elizabeth Draper, son dernier amour concluant de nombreux succès féminins.

De retour en Angleterre, il publie en 1765 les volumes 7 et 8. C'est au retour d'un voyage en Italie (toujours pour des raisons de santé) qu'est publié le neuvième et dernier volume de son grand oeuvre.

Ce roman sans précédent où il use de tous les artifices stylistiques (tirets, pages blanches ou toutes noires, blancs, interjections...) ou rhétoriques est à la fois d'une rare érudition (les deux premiers volumes publiés par les éditions Tristram en 1998  en un tome de 460 pages compte pas moins de 230 pages de notes obligant ledit éditeur a cesser cette édition et à la reprendre en un seul tome mais sans ou très peu de notes tant l'ouvrage est riche) et d'un humour satirique dont les moeurs de la bonne société, des ministres sont les victimes. Inspiré par Cervantés, Rabelais ou Voltaire, il a surtout servit d'exemple à de nombreux auteurs parmi lesquels nous citeront Diderot ou Joyce. Construit d'incessantes digressions, de reflexions philosophiques, de traits d'humour voire de boufonnerie, le héros Tristram Shandy n'apparait finalement qu'à la toute fin de l'ouvrage, les déboires et débats passionnés de la famille Shandy, de leurs amis et de leurs domestiques, qu'ils concernent l'obstétrique, l'amour ou l'art de la guerre, nous passionnant jusque là.

Il s'agit là de l'objet littéraire le plus libre, le plus "éclaté" le plus jubilatoire, le plus instruit et subversif qui soit !

Les éditions Tristram citées plus haut l'ont donc réédité en un tome en 2004.

par DITEAU publié dans : PORTRAITS D'AUTEURS
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