Parmi ce foisonnement littéraire et pseudo-littéraire de septembre, il est un ouvrage qui, loin de nous offrir l'évasion, le rêve, nous ramène à la (triste) réalité du statut d'écrivain.
Ce n'est certes pas la première enquête sur le sort des écrivains mais à l'heure où les boutiquiers de la littérature ressortent leurs têtes d'affiches déjà fardées, cet éclairage donné sur ce petit peuple de l'écriture est intéressant.
Basé sur une enquête réalisée en 2004 et 2005 auprès de 503 écrivains de la région Rhône-Alpes dont en entretien avec 40 d'entre-eux, LA CONDITION LITTERAIRE de Bernard LAHIRE aux éditions La Découverte, ce livre nous rappelle que 98% des écrivains sont contraints d'exercer une autre activité professionnelle pour gagner leur vie.
Ainsi, comme il le rappelle, leur travail d'écriture permet de faire vivre toute la chaîne littéraire de l'éditeur au libraire (dont le sort n'est d'ailleurs pas doré, nous y reviendrons) en passant par l'imprimerie sans que lui même puisse en vivre. Il rappelle à juste titre que l'intermittent à un statut ce qui n'est pas le cas de l'écrivain.
Bien sûr, rien de nouveau mais le rappeler, en ces temps où pourtant chacun veut se targuer du culturel, s'honorer d'écrire et nos "élites" les premières, le paradoxe est à noter.
Il met également en lumière des spécificités que l'on ignore souvent. Ainsi 71% de ces écrivains ont un niveau égal ou supérieur à BAC+2 (la proportion est de 17% dans la population) et ils sont très majoritairement des hommes alors même qu'il n'y a pas d'acte plus libre et simple que d'écrire.
Une étude interessante qui permet de remettre en lumière ce statut tant souhaité mais totalement ignoré des écrivains.
Le Littérarium
Voilà les parasols ensablés repliés, les fugaces villégiatures en conserves numérisées que viendront picorer les nostalgies désensoleillées que déjà, tels de fallacieux Prométhées, les marchands de pages surgissent, dans le rôle de la mater familia consolant ses plébéens en annonçant que les armoires sont pleines de couvertures en piles bien serrées, que l'automne sera chaud et douillet, les voici venant éclairer nos obscurités culturelles des halos ptolémaïques, eux, dignes descendants de ce siècle des lumières. Ô gloria, voilà la saison où poussent les livres que l'on décharge à la fourche et eux, fiers éditeurs, clergé du savoir en robe d'apparat, trompettant leurs chiffres car oui, c'est là que le bât blesse, ils ne sont que marchands et leurs chiffres annoncent assez qu'ils ne sont finalement que des comptables.